Actualité des NTIC Nationale et Internationale Et Dieu créa l’I-Pad : Lire un livre sur écran, c’est donc possible.

Et Dieu créa l’I-Pad : Lire un livre sur écran, c’est donc possible.

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Un débat se renouvelle de façon lancinante depuis les débuts de l’informatique et a fortiori depuis l’avènement d’Internet :  l’écran remplacera t’il le papier pour lire de longs textes, notamment sous forme de livres ?

Force est de reconnaitre que la réalité numérique est en train de s’imposer. Nous avons pour cela recensé quelques étapes clés jusqu’à l’avènement de l’I Pad, lequel symbolise aujourd’hui  de façon patente (au même titre que le kindle), un renversement manifeste de tendance.

Alors que les scores de vente de l’Ipad mais aussi de kindle crèvent actuellement tous les plafonds, Il nous a paru intéressant de revenir en arrière et de passer en revue l’évolution au fil du temps de cette question battue et débattue.

Ainsi  en tapant la requête « lire un livre sur écran »,  nous avons extrait quelques références qui se sont succédés en la matière, afin d’essayer d’en dégager quelques points de passage clés.

Première étape : 2002, les bases du débat bien posées

La première étape que nous avons extrait correspond à un article du webzine uzine.net publié en  2002 et qui s’est imposé en tête de liste des résultats sur Google.

Au travers d’un exposé exhaustif il pose  de façon remarquable les tenants et aboutissants de ce débat .

Dans son introduction, il nous est dit je cite : «  une question revient à intervalles réguliers sur les listes consacrées à la publication sur l’internet : peut-on lire à l’écran ? Ou, plus précisément : peut-on lire des textes longs à l’écran ?

Pour des textes courts, la question ne se pose pas. Pour les textes longs, cela semble passionner les foules, puisque le sujet revient régulièrement et qu’il favorise les bonnes grosses engueulades et la constitution de chapelles »
.

En suivant, sont posées les différentes règles d’écriture qui conditionnent les facteurs principaux de lisibilité, lesquels sont développés en suivant, à savoir : les « règles » typographiques en général, la couleur et le contraste, la longueur des lignes, la verticalité de la page, les enrichissements typographiques et enfin les polices de caractères.

Se dessine ainsi le tableau objectif des éléments déterminants  du débat, à la suite desquels l’auteur de l’article conclut : « Évidemment, comme pour toute norme typographique, on est bien libre de faire autrement (c’est même le charme du truc). Cependant, il faut avoir à l’esprit que la lisibilité n’est qu’une affaire d’habitude. Et si l’on déroge à ces fameuses habitudes, on provoque un effet graphique certainement très intéressant, mais au détriment de la facilité de lecture. »

De tout ça, on retient  que les écueils du débat tenant à l’affect peuvent être évités dès lors quelques points de repère objectifs peuvent en être extraits.

2eme étape : 2006, des études de comportement dégagent les vraies tendances


La 2eme étape nous mène  en 2006 où l’on peut lire dans les Infos du net : « Les européens préfèrent lire sur leur écran »

Le Finantial Times avait alors publié les résultats d’une étude portant sur les médias favoris des européens. On y lit que cette étude, réalisée auprès de 5 000 européens venant de 5 pays différents dont l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et enfin le Royaume-Uni, montre qu’ « en moyenne, les européens passent quatre heures par semaine à naviguer sur Internet (deux fois plus qu’il y a 3 ans) et trois heures à lire les journaux ou autres magazines ».

Et donc manifestement il ressort d’ores et déjà que lire sur un écran n’est pas le problème, et surtout que sociologiquement, de façon mécanique, le support numérique n’est pas un obstacle en soi.

Il apparaît en fait que la problématique réside essentiellement dans l’adéquation entre le type de lecture pratiqué et  les caractéristiques mêmes du support de lecture

3eme étape : 2009, floraison des supports numériques de lecture  et premières constatations


Nous en venons ainsi à une enquête détaillée de ces supports de lecture numériques qui  sont passés en revue dans une étude de 2009 proposée par pointsdactu.org et intitulée : "Livre électronique : de l’encre à l’écran", introduit comme tel :

"Gadget sans avenir commercial ou nouvel eldorado numérique ? Encore balbutiant en Europe, le lecteur de livres électroniques était cette année l’une des grandes attractions du salon des hautes technologies Cebit (Hanovre) ou du salon du livre de Paris. » « Cependant, modifier le modèle économique de l’édition n’est pas si facile. Petit tour d’horizon..."


Dans la foulée une dépêche Reuters, toujours en 2009, nous annonce que le livre numérique reste seulement en devenir en Europe.

Force est de reconnaître que le flou persiste donc, d’autant qu’au même moment Libération titre également « De l’encre à l’écran » mais pour nous dire qu’ « avec le succès du Kindle aux Etats-Unis, l’engouement pour l’ebook touche la France. A l’occasion du Salon du livre, retour sur une petite révolution. »

4eme étape : début 2010, le paradoxe dans toute sa splendeur


En mars 2010, un article du Figaro titre "Un Français sur cinq prêt à lire sur un écran". Ainsi 22 % des personnes interrogées s'imaginent à l'avenir lire un roman ou un essai sur ordinateur ou sur un e-book. Par conséquent la conclusion est que "77% des Français s'imaginent dans les années à venir continuer à feuilleter encore des pages et des pages".

De là à nous dire que le papier restera le seul support de référence pour la lecture prolongée, il n’y a qu’un pas.

Et pourtant quelques mois plus tard, manifestement, on sent bien que la révolution est en marche

5eme étape, été 2010 : le basculement s’inscrit dans les faits et dans les ventes


Il faut en convenir le basculement s’est opéré. D’une part Amazon a constaté que les ventes de livres électroniques dépassent désormais le papier

D’autre part les derniers résultats trimestriels le démontrent : de nouveaux records de vente se succèdent chez Apple, que ce soit pour l'iPad ou l'iPhone 4, en effet "la tablette tactile de la firme se vend bien : 3,27 millions d'exemplaires sur la période."

D’autant que les ventes d’ordinateurs Apple suivant les mêmes tendances positives, il apparaît qu’il n’y a aucune cannibalisation des ventes de PC celle des supports de lecture mobiles.

De kindle à l’Ipad le point de passage semble dès lors franchi, alors même que l’on trouve ici deux types de supports différents dans leur essence.

D’un côté avec kindle, on a un représentant véritable des livres électroniques ou « liseuses » ou encore « livrels », caractérisés par l’utilisation ce que l’on appelle l’encre électronique, et qui implique l’absence de projection de lumière sur l’écran lui-même, et par là l’absence de réfléchissement préjudiciable sous le soleil.

De l’autre avec l’Ipad on a plutôt la reproduction d’un écran d’ordinateur mais avec une ergonomie « tactile » permettant de reproduire très exactement la configuration de lecture, en passant d’une page à l’autre par un simple mouvement des doigts.

Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, on a donc un support de lecture mobile. Or la problématique d’une lecture fixe et prolongée sur un support fixe disparaissant, il n’y a en fait plus d’obstacle essentiel à la transition dans les usages.

Il paraît clair en fait que le distinguo fondamental entre lecture sur livre papier et lecture sur écran s’efface à partir du moment où le support même de lecture peut être déplacé et manipulé, car c’est cette caractéristique qui faisait l’essence même de l’attitude de lecture.

Et manifestement le milieu de l’année 2010 marque ce passage dans les faits, quand bien même les supports électroniques mobiles existaient depuis une dizaine d’année.

On peut dire sans tromper que la prolongation inévitable du débat sera désormais d’arrière garde.

Certain écrivent en effet encore que "cette révolution déplait fortement aux plus conservateurs, et il y en a, qui tiennent à leur bons vieux livres, tangibles et réels. »  … « depuis plus de 5 siècles, le livre imprimé n’aura, je pense, pas de mal à conserver sa clientèle fidèle et dévouée."

Or l’acte de lecture lui-même migre désormais de façon déterminante.

L’affect envers l’encre et l’odeur du papier -arguments les plus souvent recensés, ne concerne que des fidèles attachés à leurs précieux biens, et cela peut se comprendre pour des ouvrages rares ou vieux, mais quid d’un livre de poche mal relié dont les pages se détachent après quelques années ?

L’aspect collection se perpétuera bien évidemment, et certain continueront à lire sur papier de même que d’autres écoutent toujours la musique sur disque vinyle, mais le papier ne restera pas le support préférentiel de lecture de livres.

Pour conclure, alors même que le sujet est intarissable, on peut dire : comment pourrait il en être autrement ? Laissons en effet le dernier mot à un analyste des NTIC reconnu, Kevin Kelly, qui note assez justement "que nous vivons sur des écrans de toutes tailles - de l’IMAX à l’iPhone. Dans un futur proche, nous ne serons jamais loin d’un écran. Ils seront le premier lieu où nous irons chercher des réponses, des amis, des nouvelles, du sens, le sentiment de qui nous sommes et qui nous pouvons être."


NB : Pour un recensement très exhaustif de références sur ce débat, un dossier s’impose, celui d’Educnet :


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