Le célèbre agrégateur de contenu RSS Netvibes va lancer une nouvelle version de son portail, nom de code Ginger. Quelques éclairages intéressants ont été donnés au cours de la conférence parisienne LeWeb3.
Il l’avait déjà laissé entendre il y a un mois au cours de la conférence Web 2.0 de Berlin, en voici la confirmation : le français Netvibes fait évoluer son offre afin de l’ouvrir au grand public.
Les nouveautés, accessibles en beta privée à partir d’aujourd’hui sont nombreuses, et montrent une volonté de rendre le contenu accessible aux internautes. En effet, jusque là, « l’ecosystem » (annuaire de flux et autres widgets) du portail français était loin d’être mis en avant, malgré une refonte bienvenue datée de septembre 2007. Désormais, il en sera la pièce centrale, avec :
- plus de 100 000 widgets proposés
- de multiples partenariats avec de grands médias, qui développeront leur propres widgets et univers
- une offre de contenu adaptée à plus de 100 pays

Mais au-delà de l’ecosystem, Netvibes s’oriente vers la tendance du moment : les réseaux sociaux. Les utilisateurs pourront maintenant avoir un cercle d’amis (où l’importer depuis d’autres plateformes sociales comme Facebook ou Myspace), partager avec eux onglets et flux favoris, créer leur propre univers, sauvegarder un article pour le lire plus tard…
L’accent est clairement mis sur l’échange, paramètre qui était jusqu’à aujourd’hui absent (discret, dira-t-on, ce qui revient au même pour le grand public) du portail.

Surfant sur la vague des réseaux sociaux, Netvibes veut clairement jouer les premiers rôles sur le web. Ou cherche peut-être tout simplement à rester dans la course. Comme l’avoue Tariq Krim, son PDG, lors de la conférence Leweb3 « nous avons besoin d’être ouverts, pour nous c’est un moyen de survivre. »
Comme toute plateforme sociale, Netvibes va être confronté au problème du respect de la vie privée. Là-dessus, Tariq Krim se veut rassurant : « Ce que l’internaute voudra montrer [à ses amis], il pourra le partager. Ce qu’il ne veut pas montrer n’existera pas pour les autres. » Même si on n’en attendait pas moins, cela a au moins le mérite de montrer que le PDG a retenu la leçon après les « déboires » de Facebook et de son application critiquée Beacon.
Le français montre finalement qu’il a entendu les attentes des utilisateurs de son service, tout en ayant conscience de ses lacunes face au grand public. Jugé jusque-là comme une plateforme réservée aux « spécialistes » du surf sur le Net, l’agrégateur de flux prend un virage dans l’air du temps qui, espérons-le, sera gagnant.
La vague sociale qui parcourt Internet vient seulement de commencer !

