L'AFNIC a publié fin novembre un document présentant l'état du marché des noms de domaine en France, réalisé dans le cadre d'un contrat de recherche avec l'Institut National des Télécommunications d'Évry (INT).
Ce rapport 2007 fournit des données chiffrées sur les facteurs déterminants de ce marché, ses tendances et les perspectives qui se dessinent dans les prochaines années.
Chiffres et facteurs marquants du marché
Le marché français dans son ensemble reste relativement peu développé avec 2% du total des noms de domaine déposés, mais le .fr a connu depuis 2004 un fort accroissement. Au niveau mondial, l’extension générique .com domine toujours très largement le marché avec plus de 60 millions de noms de domaine déposés et une croissance annuelle de 30%.
L’extension française comprenait, en octobre 2007, 893 000 noms de domaine, enregistrés en priorité directement sous le .fr.
L'ouverture du .fr aux particuliers en juin 2006 a été un facteur de croissance remarquable (+63 % de croissance pour le .fr en 2006), puisque ceux-ci représentent déjà 30 % de l'ensemble des .fr déposés et 50 % des nouveaux enregistrements.
La plupart des titulaires ne possèdent qu'un seul nom de domaine en .fr, 2% d'entre eux seulement en ayant déposé plus de cinq. Le .fr peut être considéré comme peu saturé, 23 % des communes et 60 % des 1500 premières entreprises françaises ayant déposé le .fr le plus proche de leur nom. D'autre part 8% des mots du dictionnaire français ont été jusqu'ici déposés sous l’extension nationale.
En termes d'utilisation, les .fr sont généralement pointés vers des sites professionnels (46 %), des pages d'attente (17 %) ou des pages personnelles (4,7 % dont 0,9 % de blogs).
Au titre des litiges recensés sur les noms de domaine en .fr enfin, on comptait au 30 juin 2007, 1 379 noms bloqués par l’AFNIC, dont 98% concernant des personnes morales et 2% des particuliers.
Perspectives et tendance du marché
La première tendance importante est la forte croissance. Ainsi, le .fr s’est placé dans le peloton de tête des extensions ayant connu la plus forte croissance en 2006 (+66%), au niveau mondial, avec le .es (Espagne, +70%), le .ru (Russie, +61%), ou le .at (Autriche, +50%).
Cette tendance, qui n'est pas seulement due à un effet de rattrapage du web français, et qui semble marquée par le dynmisme de la communauté liée au web 2.0, devrait s’accroître encore du fait de l’augmentation des tarifs des registres des extensions génériques (2007-2012), qui va offrir au .fr un avantage compétitif structurel en termes de tarifs dont il avait peu bénéficié jusqu’à présent (en relation avec la baisse du coût du .fr étant passé de 15€ à 4,8€).
Dans les perspectuves ouvertes, à partir de 2009-2010, il est vraisemblable qu’apparaîtront sur l’Internet de nouvelles extensions. Parmi elles, des extensions à caractère culturel ou local pourraient avoir un recouvrement avec le périmètre du .fr. Ainsi les « City-TLD », comme .paris, ou des « Geo-TLD », comme .bzh (pour la Bretagne), entreraient en complément avec le .fr plus qu'en concurrence comme l'apparition du .eu l'a montré dernièrement.

