Quand la crise s'installe, les entreprises coupent les budgets, et en premier lieu, ceux de la pub. Pourtant le Web, lui, résiste plutôt bien.
Sur l'année, les budgets publicitaires sur Internet ont bondi de 33% en moyenne.
La croissance se tasse tout de même depuis deux mois. Les budgets publicitaires n'ont progressé "que" de 11,7% en septembre et de 12% en octobre. Avec des taux de croissance à deux chiffres -que beaucoup de secteurs pourraient envier au Web- "le marché de l'Internet ne s'effondre pas", a affirmé Matthieu de Lesseux, président de l'agence Duke, lors de la présentation du Baromètre de l'économie numérique de l'Electronic Business Group (EBG).
Un sentiment partagé par Andrew Franck, analyste chez Gartner : "Internet devrait être moins touché par la crise que les autres médias". D'ailleurs, Freddy Mini, PDG de Netvibes, révèle qu'il a atteint "dès la semaine dernière l’objectif de chiffre d'affaires pour le quatrième trimestre". Non seulement Internet devrait moins souffrir que les autres médias, mais il devrait en plus sortir renforcé de la crise. "Avec la baisse des budgets pub, les annonceurs vont se poser plus de questions sur l'efficacité de tel ou tel média. Et cette réflexion va favoriser le média Internet ", explique Martin Rogard, directeur France de Dailymotion.
A en croire les spécialistes du secteur, en termes de retour sur investissement d'une campagne, rien ne bat le web et ses outils de tracking (le pistage des consommateurs). "La crise représente donc une opportunité de prouver notre efficacité", estime Martin Rogard. Concrètement, les marques veulent habiller les sites à leurs couleurs, créer de nouveaux formats, au-delà des simples bannières de publicité.
Finalement, la contraction des budgets pub devrait pousser à une amélioration de la qualité de la publicité sur internet. "Cela va nous aider à devenir plus créatif, plus efficace. Voire à faire moins n'importe quoi. Moi, par exemple, j'en ai marre des fenêtres pop-up qui s'ouvrent à tout bout de champs et des bannières qui se déroulent sur toute ma page…", reconnaît Matthieu de Lesseux.
L'avenir publicitaire d'internet est donc à inventer.